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jeudi 3 mai 2018

La mission des laïcs



Pour que les fidèles laïcs accomplissent leur mission spécifique en mettant leur créativité au service des défis du monde actuel.
Pape François - Mai 2018
Les laïcs se trouvent en première ligne dans la vie de l'Église.
Nous avons besoin de votre témoignage sur la vérité de l’Évangile et de votre exemple lorsque vous exprimez votre foi en pratiquant la solidarité.
Rendons grâce pour les laïcs qui prennent des risques, qui n’ont pas peur et qui offrent des raisons d’espérer aux plus démunis, aux exclus, aux marginalisés.
Ce mois-ci, demandons ensemble que les fidèles laïcs accomplissent leur mission spécifique, la mission qu’ils ont reçue au baptême, en mettant leur créativité au service des défis du monde d’aujourd’hui.

dimanche 8 avril 2018

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour et bonne fête de Pâques !
Vous voyez qu’aujourd’hui, il y a des fleurs : les fleurs disent la joie, l’allégresse. Dans certains lieux, Pâques est aussi appelé « Pâques en fleur », parce que le Christ ressuscité fleurit : il est la fleur nouvelle ; c’est notre justification qui fleurit ; c’est la sainteté de l’Église qui fleurit. C’est pourquoi tant de fleurs : c’est notre joie. Toute la semaine, nous fêtons Pâques, toute la semaine. Et pour cette raison, nous nous adressons, une fois de plus, tous, des vœux de « bonne fête de Pâques ». Disons ensemble : « Bonne fête de Pâques », tous [la foule répond : « Bonne fête de Pâques »]. Je voudrais aussi que nous souhaitions une bonne fête de Pâques – parce qu’il a été évêque de Rome –  à notre bien aimé pape Benoît qui nous suit à la télévision. Au pape Benoît, souhaitons tous une bonne fête de Pâques : [tous : « Bonne fête de Pâques »]. Et nous l’applaudissons, fort.

Avec cette catéchèse, nous concluons le cycle dédié à la messe, qui est précisément la commémoration, mais pas seulement comme mémoire, on vit de nouveau la Passion et la Résurrection de Jésus. La dernière fois, nous sommes arrivés à la Communion et à l’oraison après la Communion ; après cette oraison, la messe se conclut par la bénédiction donnée par le prêtre et l’envoi du peuple (cf. Présentation générale du missel romain, 90). De même qu’elle a commencé par le signe de croix, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, c’est encore au nom de la Trinité que la messe, c’est-à-dire l’action liturgique, est scellée.
Toutefois, nous savons bien que, lorsque la messe se termine, s’ouvre l’engagement au témoignage chrétien. Les chrétiens ne vont pas à la messe pour remplir un devoir hebdomadaire et oublier ensuite, non. Les chrétiens vont à la messe pour participer à la Passion et à la Résurrection du Seigneur et ensuite pour vivre davantage en chrétiens : l’engagement au témoignage chrétien s’ouvre. Nous sortons de l’église pour « aller dans la paix » porter la bénédiction de Dieu dans les activités quotidiennes, dans nos maisons, dans les milieux de travail, parmi les occupations de la cité terrestre, « glorifiant le Seigneur par notre vie ». Mais si nous sortons de l’église en bavardant et en disant : « Regarde celui-ci, regarde celui-là… », avec une langue longue comme ça, la messe n’est pas entrée dans mon cœur. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas capable de vivre le témoignage chrétien. Chaque fois que je sors de la messe, je dois sortir meilleur que je ne suis entré, avec davantage de vie, avec davantage de force, avec davantage d’envie de donner un témoignage chrétien. À travers l’Eucharistie, le Seigneur Jésus entre en nous, dans notre cœur et dans notre chair, afin que nous puissions « exprimer dans notre vie le sacrement reçu dans la foi » (Missel romain, Collecte du lundi de l’octave de Pâques).
De la célébration à la vie, donc, conscients que la messe trouve son achèvement dans les choix concrets de celui qui se laisse impliquer personnellement dans les mystères du Christ. Nous ne devons pas oublier que nous célébrons l’Eucharistie pour apprendre à devenir des hommes et des femmes eucharistiques. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie laisser agir le Christ dans nos œuvres : que ses pensées soient nos pensées, ses sentiments les nôtres, ses choix nos choix. Et c’est cela la sainteté : la sainteté chrétienne, c’est faire comme a fait le Christ. Saint Paul l’exprime avec précision en parlant de son assimilation à Jésus et il dit ceci : « avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. » (Gal 2, 19-20). Voilà le témoignage chrétien. L’expérience de Paul nous éclaire nous aussi : dans la mesure où nous mortifions notre égoïsme, c’est-à-dire où nous faisons mourir ce qui s’oppose à l’Évangile et à l’amour de Jésus, il se crée en nous un plus grand espace pour la puissance de son Esprit. Les chrétiens sont des hommes et des femmes qui se laissent élargir l’âme par la force de l’Esprit Saint, après avoir reçu le Corps et le Sang du Christ. Laissez-vous élargir l’âme ! Non pas ces âmes si étroites et fermées, petites, égoïstes, non ! Des âmes larges, des âmes grandes, avec de grands horizons… Laissez-vous élargir l’âme par la force de l’Esprit, après avoir reçu le Corps et le Sang du Christ.
Puisque la présence réelle du Christ dans le pain consacré ne se termine pas avec la messe (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1374), l’Eucharistie est conservée dans le tabernacle pour la communion des malades et pour l’adoration silencieuse du Seigneur dans le Très Saint Sacrement ; le culte eucharistique en dehors de la messe, sous forme privée ou communautaire, nous aide en effet à demeurer dans le Christ (cf. ibid., 1378-1380).

Les fruits de la messe, par conséquent, sont destinés à mûrir dans la vie de tous les jours. Nous pouvons dire ceci, en forçant un peu l’image : la messe est comme le grain de blé, le grain de blé qui grandit ensuite dans la vie ordinaire, grandit et mûrit dans les œuvres bonnes, dans les attitudes qui nous font ressembler à Jésus. Les fruits de la messe, par conséquent, sont destinés à mûrir dans la vie de tous les jours. En vérité, en faisant grandir notre union au Christ, l’Eucharistie actualise la grâce que l’Esprit nous a donnée dans le baptême et dans la confirmation, afin que notre témoignage chrétien soit crédible (cf. ibid., 1391-1392).
Et encore, en allumant dans nos cœurs la charité divine, que fait l’Eucharistie ? Elle nous sépare du péché : « Plus nous participons à la vie du Christ et plus nous progressons dans son amitié, plus il nous est difficile de nous séparer de lui par le péché mortel » (ibid. 1395).
Le fait de nous approcher régulièrement du banquet eucharistique renouvelle, fortifie et approfondit le lien avec la communauté chrétienne à laquelle nous appartenons, selon le principe que l’Eucharistie fait l’Église (cf. ibid., 1396), nous unit tous.
Enfin, participer à l’Eucharistie engage à l’égard des autres, spécialement des pauvres, nous éduquant à passer de la chair du Christ à la chair de nos frères, en qui il attend d’être reconnu, servi, honoré, aimé par nous (cf. ibid., 1397).
En portant le trésor de l’union au Christ dans des vases d’argile (cf. 2 Cor 4,7), nous avons continuellement besoin de revenir au saint autel, jusqu’à ce qu’au paradis nous goûterons pleinement la béatitude du banquet de noces de l’Agneau (cf. Ap 19,9).
Remercions le Seigneur pour le chemin de redécouverte de la sainte messe qu’il nous a donné d’effectuer ensemble et laissons-nous attirer avec une foi renouvelée à cette rencontre réelle avec Jésus, mort et ressuscité pour nous, notre contemporain. Et que notre vie soit toujours « fleurie » ainsi, comme Pâques, avec les fleurs de l’espérance, de la foi, des œuvres bonnes. Que nous trouvions toujours la force pour cela dans l’Eucharistie, dans l’union avec Jésus. Bonne fête de Pâques à tous !
© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

jeudi 16 novembre 2017

Seconde catéchèse sur l’eucharistie

Chers frères et sœurs, bonjour !
Nous continuons les catéchèses sur la messe. Pour comprendre la beauté de la célébration eucharistique, je désire commencer par un aspect très simple : la messe est prière, ou plutôt, c’est la prière par excellence, la plus haute, la plus sublime et, en même temps, la plus « concrète ». En effet, c’est la rencontre d’amour avec Dieu à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus. C’est une rencontre avec le Seigneur.
Mais nous devons d’abord répondre à une question. Qu’est-ce que la prière exactement ? C’est avant tout un dialogue, une relation personnelle avec Dieu. Et l’homme a été créé comme un être en relation personnelle avec Dieu, qui ne trouve sa pleine réalisation que dans la rencontre avec son Créateur. Le chemin de la vie se dirige vers la rencontre définitive avec le Seigneur.
Le Livre de la Genèse affirme que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, qui est Père et Fils et Esprit-Saint, une relation parfaite d’amour qui est unité. Nous pouvons comprendre que tous, nous avons été créés pour entrer dans une relation parfaite d’amour, en nous donnant et en nous recevant continuellement pour pouvoir trouver ainsi la plénitude de notre être.
Lorsque Moïse, devant le buisson ardent, a reçu l’appel de Dieu, il lui a demandé quel

jeudi 9 novembre 2017

“La messe n’est pas un spectacle mais la rencontre avec le Seigneur”, souligne avec force le pape François lors de l’audience générale

Chers frères et sœurs, bonjour !
Nous commençons aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses qui mettront l’accent sur le « cœur » de l’Église, à savoir l’Eucharistie. Il est fondamental pour nous chrétiens de bien comprendre la valeur et la signification de la Sainte messe, afin de vivre toujours plus pleinement notre relation avec Dieu.
Nous ne pouvons oublier le grand nombre de chrétiens qui, à travers le monde entier, en deux mille ans d’histoire, ont résisté jusqu’à la mort pour défendre l’Eucharistie et combien, aujourd’hui encore, risque leur vie pour participer à la messe dominicale. En l’an 304, durant les persécutions de Dioclétien, un groupe de chrétiens d’Afrique du Nord fut surpris alors qu’ils célébraient la messe dans une maison et ils furent arrêtés. Le proconsul romain, dans son interrogatoire, leur demanda pourquoi ils faisaient cela alors que c’était absolument interdit. Et ils répondirent : « Sans le dimanche, nous ne pouvons vivre », ce qui voulait dire : si nous ne pouvons célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons vivre, notre vie chrétienne mourrait.
En effet Jésus a dit à ses disciples : « si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 53-54).
Ces chrétiens d’Afrique du Nord ont été mis à mort parce qu’ils célébraient l’Eucharistie. Ils nous ont laissé le témoignage que l’on peut renoncer à la vie sur terre pour l’Eucharistie, car elle nous donne la vie éternelle, nous faisant participer à la victoire du Christ sur la mort. Un témoignage qui nous interpelle tous et appelle de notre part une réponse sur ce que signifie, pour chacun de nous, participer au sacrifice de la messe et nous approcher de la table du Seigneur. Sommes-nous en train de chercher cette source d’où « jaillit l’eau vive » pour la vie éternelle ? Cette source qui fait de notre vie un sacrifice spirituel de louange et de grâces, et qui fait de nous un seul corps avec le Christ ? Voilà le sens profond de la sainte Eucharistie, qui signifie « rendre grâce » : rendre grâce à Dieu le Père, Fils et Saint-Esprit qui nous prend avec lui et nous transforme dans sa communion d’amour.
Au cours des prochaines catéchèses, je voudrais apporter des réponses à quelques questions importantes sur l’Eucharistie et sur la messe afin de redécouvrir, ou de découvrir comment à travers ce mystère de la foi resplendit l’amour de Dieu.
Le concile Vatican II a été fortement animé par le désir d’amener les chrétiens à comprendre la grandeur de la foi et la beauté de la rencontre avec le Christ. C’est pour cela qu’en premier lieu, un renouveau approprié de la liturgie était nécessaire, sous la conduite de l’Esprit-Saint, car l’Église vit continuellement de la liturgie et se renouvelle grâce à elle.
Un thème central que les Pères conciliaires ont souligné est la formation liturgique des fidèles, indispensable pour un véritable renouvellement. Et c’est justement aussi le but de ce cycle de catéchèses que nous entamons aujourd’hui : améliorer notre connaissance de ce grand don que Dieu nous a fait dans l’Eucharistie.
L’Eucharistie est un événement merveilleux dans lequel le Christ Jésus, notre vie, se fait présent. Participer à la messe, « c’est vivre à nouveau la passion et la mort rédemptrice du Seigneur. C’est une théophanie : le Seigneur se fait présent sur l’autel pour être offert au Père pour le salut du monde » (Homélie lors de la Sainte messe, Maison Sainte-Marthe, 10 février 2014). Le Seigneur est ici avec nous, présent. Si souvent, nous allons à la messe en regardant à droite à gauche, en discutant entre nous pendant que le prêtre célèbre l’Eucharistie… et nous ne participons pas à la célébration aux côtés du Christ. Mais c’est pourtant le Seigneur ! Si le président de la République ou n’importe quel autre personnage important de ce monde venait aujourd’hui, il est certain que nous serions tous à nous presser autour de lui, à vouloir le saluer. Pensez donc à cela : quand vous allez à la messe, vous y trouverez le Seigneur ! Or vous êtes distraits. Mais c’est le Seigneur ! Nous devons y penser. « Mon Père, c’est que les messes sont ennuyeuses » – « Que dites-vous ? Le Seigneur est ennuyeux ? » – « Non, non, pas la messe, les prêtres ! » – « Ah, alors que les prêtres changent, mais c’est le Seigneur qui est là ! ». C’est compris ? Ne l’oubliez pas. « Participer à la messe, c’est vivre à nouveau la passion et la mort rédemptrice du Seigneur. »
Essayons maintenant de nous poser quelques questions simples. Par exemple, pourquoi faisons-nous le signe de la croix et récitons-nous la prière pénitentielle au début de la messe ? D’ailleurs je voudrais ouvrir une autre parenthèse. Avez-vous vu comment les enfants font le signe de la croix ? On ne sait pas s’ils font le signe de la croix ou un dessin. Ils font comme ça [il fait un geste confus]. Il faut apprendre aux enfants à bien faire le signe de la croix. Ainsi commence la messe, ainsi commence la vie, ainsi commence la journée. Cela veut dire que nous sommes sauvés par la croix du Seigneur. Regardez les enfants et apprenez-leur à bien faire le signe de la croix. Et ces lectures pendant la messe, pourquoi sont-elles là ? Pourquoi y a-t-il trois lectures le dimanche, et deux les autres jours ? Pourquoi sont-elles là, que signifient ces lectures de la messe ? Pourquoi les lit-on, et qu’apportent-elles ? Ou encore, pourquoi à un moment le prêtre qui préside la célébration dit-il : « Élevons notre cœur ». Il ne dit pas « Élevons nos téléphones pour prendre une photo ! ». Non, ce n’est pas bien de faire ça ! Et je vous avoue que cela me rend si triste quand je célèbre sur cette Place ou dans la Basilique et que je vois tous ces téléphones en l’air, et pas seulement ceux des fidèles, mais aussi ceux de certains prêtres ou même d’évêques. S’il vous plaît ! La messe n’est pas un spectacle : c’est la rencontre avec la passion et la résurrection du Seigneur. C’est pour cela que le prêtre dit : « Élevons notre cœur ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Souvenez-vous en : pas de téléphones.
Il est très important de revenir aux fondamentaux, de redécouvrir ce qui est essentiel, à travers ce qui se touche et ce qui se voit dans la célébration des sacrements. La demande de l’apôtre Thomas (cf Jn 20, 25) de pouvoir voir et toucher les blessures faites par les clous dans le corps de Jésus, traduit le désir de pouvoir en quelque sorte « toucher » Dieu pour le croire. Ce que demande saint Thomas au Seigneur est ce dont nous avons tous besoin : le voir, le toucher pour pouvoir le reconnaître. Les sacrements répondent à ce besoin humain. Les sacrements, et plus particulièrement la célébration eucharistique, sont les signes de l’amour de Dieu, les voies privilégiées pour le rencontrer.
Ainsi, à travers ces catéchèses que nous commençons aujourd’hui, je voudrais redécouvrir avec vous la beauté qui se cache dans la célébration eucharistique et qui, une fois dévoilée, donne tout son sens à notre vie. Que la Sainte Vierge nous accompagne dans ce nouveau parcours. Merci.

8 novembre 2017, audience générale du pape François
La Croix , le 08/11/2017 à 16h32
Texte original italien (*)